19-07-2017
dans Explore

La route du hasard



D’abord, je dois dire qu’à voir la réaction des gens, deux filles à bord d’un gros Ford F150 avec un campeur intégré faisant la route vers Cape Breton, ce n’est pas coutume. Vous pouvez en conclure que Johannie m’a donné la chance de voyager très confortablement.

Notre objectif était de nous rendre à Cape Breton pour parcourir la Cabot Trail et y admirer ses paysages époustouflants. Il faut savoir que l’on parle ici de 17 heures et quelques poussières de route. Bien que cela puisse paraitre interminable, nos nombreux arrêts dans les Maritimes pour explorer ont rendu cette aventure vraiment reposante, sans même voir le temps filer. Je crois que c’est la clé du succès pour un « road trip » bien réussi. Ça et…DE LA MUSIQUE!

Sur cette route, il y a eu beaucoup de hasards. Il y a eu beaucoup de coups de tête. Il y a eu beaucoup de décisions prises avec notre instinct. Je dirais même qu’on se prenait pour des guides spirituelles. Oui, le genre de personnes qui croient beaucoup trop aux signes de la vie. S’il y avait eu des gens pour nous entendre, je crois qu’on aurait véritablement passé pour des folles. Pourtant, on n’avait rien fumé (je vous le jure)!

Il n’y a eu qu’un seul arrêt dans un terrain de camping. Pourquoi un seul? Parce qu’on a détesté. Parce qu’on cherchait quelque chose de plus authentique, de plus vivant, de plus zen pour vivre l’aventure à son summum sans toutes les roulottes cordées. C’est ce qu’on a fait. À l’aide de la mappe de Google Satellite, on a déniché des plages ou des endroits peu fréquentés pour déposer nos sacs pour la nuit sans se faire déranger. Il ne suffisait que de se stationner et de profiter de notre environnement avec comme seul bruit; la nature. En plus, c’était gratuit. Certes, ce n’est pas un « mode de vie » pour tout le monde, car l’accès à l’eau est restreint. Préparez-vous à vous laver à la mitaine!

Sur cette même route, il y a eu un « dance battle » avec les membres de la Marine royale canadienne à Shédiac lors d’une soirée pour la fête du Canada au Captain Dan’s. Il y a eu la rencontre d’un autostoppeur qui m’a donné un livre que je dois à mon tour donner au suivant lors de mon prochain voyage. Il y a eu la rencontre d’un jeune garçon qui parcourt le Canada avec sa tente ayant découvert le même endroit que nous pour déposer ses sacs, par hasard, juste comme ça. C’est alors qu’il m’a appris le mot : Serendipity (je m’en vais d’ailleurs me le faire tatouer ce soir avec un petit voilier).

Il y a eu un arrêt non planifié à Île-du-Prince-Édouard. J’y ai vécu une histoire d’amour, au sens figuré. Pour sa musique de rue et le bruit de ses vagues au creux du vent. Pour son odeur salée et ses magnifiques plages au sable rouge ou caramel à perte de vue. Pour ses fruits de mer à volonté et ses petits cafés. Pour ses maisons colorées et ses couchers de soleil qui disparaissent tranquillement derrière la dune de sable ou les champs. J’ai tellement adoré que j’ai laissé mon ebook à Charlottetown dans une bibliothèque publique.

Lors de notre passage à Charlottetown, on est entrées dans une boutique et on a vu un cadre avec une magnifique photo d’un paysage. On a demandé à la propriétaire si cet endroit était sur l’île. Elle nous a gentiment dit que c’était à Cavendish, à une quarantaine de minutes de voiture. On a alors pris la route pour se rendre à cette destination même si ça retardait notre périple. C’était parfait. C’était magique. On en a même débouché une bouteille de Champagne, sans aucun regret.

Arrivées à Cape Breton, on est entrées au Red Shoe Pub dans le petit village de Mabou. Il y avait un « live band » absolument incroyable au mélange folklorique, celtique et irlandais. Le chanteur était le sympathique propriétaire du The Old Triangle. Je crois que tous les gens du village étaient présents. L’ambiance était à son mieux. J’avais les yeux pleins d’eau. Non pas de tristesse, mais de bonheur. Parce que des moments comme ça, il n’y en a pas tellement dans une vie. Quand ils passent, il faut savoir les savourer dans toute leur simplicité.

Ce que j’en retiens

Que ce soit sur la route à discuter de tout et de rien, en dansant lors de notre arrêt au Nouveau-Brunswick, sur les dunes de sable rouge à écouter le bruit des vagues à Cavendish, en admirant les paysages époustouflants de la Cabot Trail, en faisant de la randonnée pédestre dans les sentiers les plus beaux du Canada ou en écoutant de la musique de rue en sirotant un verre sur une terrasse de Charlottetown, il y avait toujours ce sentiment de liberté.

La liberté de choisir ce qu’on avait envie de faire, quand on en avait envie. On a choisi de vivre le moment présent et de se laisser porter par le hasard, de se laisser bercer par le courant. De cette façon, on découvrait les plus beaux endroits et on vivait les moments les plus extraordinaires.

Je crois qu’il n’y a rien que je puisse tenter d’exprimer ou montrer qui rendrait justice à l’expérience globale. Parce qu’un voyage, c’est quelque chose de très personnel. Ce sont des moments ancrés en nous. Ce sont des souvenirs non palpables, quasi indescriptibles.

Les plus belles photographies sont gravées dans notre mémoire et nos plus beaux moments sont dans notre cœur. Il y a des voyages qui nous transforment, qui nous chavirent et qui nous font du bien intérieurement. Celui-ci en était un.

Instagram @vanrivers

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Je souhaite grandir en même temps que mon projet. Un projet qui, vous verrez, prendra de l’expansion au fil du temps. C’est le début d’une grande aventure. Et j’ai envie que vous en fassiez partie.