2-12-2016
dans Explore, Exprime, Lâche prise

«Syndrome de l’évasion»



Je suis le genre de fille qui se pose trop de questions (ne vous cachez pas, je sais que je ne suis pas la seule). J’analyse tellement tout que je tombe parfois dans la lune. La semaine dernière, j’assistais à mon cours à l’université. Fidèle à moi-même, j’avais l’esprit volage, jusqu’au moment où le prof a attiré mon attention en exposant le fait qu’on n’était jamais vraiment libre dans notre société actuelle. Son discours sur le modèle de vie nord-américain m’a particulièrement motivée à écrire ce billet.

Dernièrement (quoique ça m’arrive au moins une dizaine de fois par année), j’ai le «syndrome de l’évasion».  J’ai toujours l’impression que je pourrais faire plus. Je ressens comme un genre de vide intérieur qui se compare à un petit oiseau emprisonné dans une cage. Détrompez-vous, je suis très loin d’être malheureuse, j’ai juste l’impression de manquer ou de passer à côté de quelque chose, comme si j’attendais impatiemment le père-Noël en plein été avec mes biscuits pis mon verre de lait sur le bord de ma piscine.

Parfois, je constate qu’on «aime» ça attendre; attendre dans une file, attendre dans un bouchon de circulation, attendre après l’autobus,  attendre d’avoir un nouveau job, d’avoir un bébé ou attendre que la journée finisse pour ne plus être obligé d’attendre pour finalement attendre après son chum avant de commencer la nouvelle saison de Suits sur NetflixAttendre. Attendre.

Bref (désolée, je devais péter ma coche!), après avoir bu un verre de Sauvignon blanc attablée devant une bonne bouffe, j’oublie mes questionnements et je fais comme tout le monde : je passe au lendemain, en me disant que ce sera une meilleure journée. Puis le lendemain, ça ne passe pas. J’ai toujours cette petite pensée derrière la tête(je sais, je suis bizarre) qui me dit qu’il y a quelque chose de mal avec notre façon de raisonner en tant que société. Pourtant, j’y adhère comme les autres, parce que c’est ce qu’on m’a dit qu’il fallait faire. L’art du conventionnel!

Je n’oserais pas comparer ça à de la propagande hitlérienne, parce qu’on vit dans une ère et dans une société beaucoup plus «soft» et on est vraiment chanceux. Par contre, malgré notre chance d’être dans un pays «libre» avec nos belles bébelles qui ne sont plus belles l’année suivante, j’ai un goût amer dans la bouche, comme si je n’étais pas si libre que ça finalement. Alors, je me console en me disant qu’il y a des gens qui vivent bien pire. Sauf que, est-ce que parce qu’on ne vit pas dans un environnement de pauvreté, de guerre et de misère que ça fait de nous une société exemplaire qui n’a pas besoin d’aide? Une société empreinte de bonheur?

Avec les dépressions, l’individualisme, la surconsommation, le «bien paraître», la haute technologie, la dépendance aux réseaux sociaux et aux téléphones intelligents, l’endettement, les bourreaux de travail stressés et la routine du métro, boulot, dodo, ça fait un peu de nous des gens conditionnés à suivre un modèle de vie précis…À un effet moutonnier. Des gens plutôt vides derrière nos vies flamboyantes.

Un modèle épuisant qui rend certaines personnes au bout du rouleau et qui fait de beaucoup d’entre nous des éternels insatisfaits. Vous allez vous dire que je me plains le ventre plein et vous avez probablement raison. C’est simplement que ma conscience me dit qu’il y a quelque chose qui cloche derrière tout ça et j’ai de la misère à concevoir que c’est vraiment le modèle que j’ai envie de suivre et d’inculquer à mes futurs enfants.

C’est pour ça que parfois, je change de direction,  j’ose sortir du conventionnel et  j’essaie de sortir mon petit oiseau de sa cage. Je me dis que peut-être un jour, je vais trouver mon équilibre et mon modèle à moi et qu’ainsi, je n’aurai plus le «syndrome de l’évasion». Il n’y a rien de mal à être différent, je dirais même que c’est la différence qui rend les gens humains!

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Je souhaite grandir en même temps que mon projet. Un projet qui, vous verrez, prendra de l’expansion au fil du temps. C’est le début d’une grande aventure. Et j’ai envie que vous en fassiez partie.