21-03-2018
dans Entreprends, Exprime, Lâche prise

C’est la vie!



Je suis écœurée d’entendre l’expression « c’est la vie! ».  Définition : c’est comme ça, on ne peut rien y changer, rien y faire! Ça m’énerve, ça bourdonne dans mes oreilles, surtout parce que l’expression arrive souvent dans un contexte négatif ou lors d’une conversation vide de sens. Oui, oui, t’sais du Small Talk qui ne veut rien dire dans un langage en paraboles. Des conversations qu’on entreprend juste pour être poli, qui peuvent faire passer le plus intelligent des mortels pour un imbécile.  Je m’y prends moi-même au jeu du « je-n’ai-pas-rien-d’intelligent-à-dire », surtout dans l’ascenseur lorsqu’on parle de météo.

«Il fait beau aujourd’hui, hein?» ou le classique «Ouin, pas chaud à matin, hein?»

La météo, c’est simplement un mini exemple parmi toutes les conversations humaines. Comme si la bullshit qu’on se raconte au comptoir à café chez Tim déteignait toujours sur mes aspirations et mes rêves de « pelleteuse de nuages ».  Résultat : je deviens marabout à mon tour en me disant que mes rêves sont trop grands et que… eh bien coudonc… c’est la vie! La réalité, c’est qu’il va continuer de neiger en mars pour les prochaines années de notre vie. Pourquoi? J’ai des petites nouvelles pour toi… On vit au Canada! Les bébés vont continuer de pleurer parce que ce sont des bébés, on va continuer de payer des factures parce qu’on vit en société. Et les gens vont continuer à chialer contre les politiciens, parce que c’est presque un sport national.

Se plaindre, c’est naturel et ça fait du bien, surtout si ce sont des choses sur lesquelles on n’a pas le contrôle, comme celles que je viens d’énumérer. À moins de déménager dans les tropiques, de vivre volontairement dans la rue ou de ne pas devenir parent! Je vous trouve ça vite fait, des solutions moi, hein? Et encore là… il ferait trop chaud, on voudrait des enfants et on se plaindrait que la rue n’est pas confortable! Par contre, si on se plaint de choses sur lesquelles on a le contrôle, mais qu’on n’agit pas pour s’en sortir, ça devient un problème, un gros problème. C’est encore un plus gros problème si en plus de te plaindre de ta situation tu oses me dire : « C’est la vie, Van ! ». Je m’excuse, mais non. Juste non. En vérité, les seules choses sur lesquelles on n’a AUCUN contrôle, c’est la maladie, dame Nature et la mort. Le reste, ce sont juste des excuses et de la peur.

Je ne crois pas qu’on soit malheureux par malchance. Je ne crois pas qu’en tant qu’humain, il faut encaisser les coups en se disant que ça fait partie de la vie, du moins pas tous les jours de notre existence. On a tous le choix; le choix de prendre soin de notre santé ou pas, le choix de rester dans une relation toxique ou pas, le choix de bâtir notre carrière de rêve ou de la délaisser pour la sécurité, le choix de fonder une famille ou pas. On est souvent trop jeune ou trop vieux, trop occupé ou trop fatigué. On est trop endetté et on a trop à perdre. Sinon, c’est trop compliqué ou trop difficile.

C’est possible aussi que tu te sois simplement trompé de vie et que celle dans laquelle tu es présentement soit temporaire… Et c’est bien correct! La réalité de l’un n’est pas nécessairement la réalité de l’autre… Et ça aussi, c’est bien correct! En tant que société, on a de la misère à accepter les différents styles de vie et ça fait en sorte que plusieurs se referment sur eux-mêmes avec le syndrome de l’imposteur, par peur du jugement ou même d’être renié. Je ne parle pas ici d’une vie d’irresponsable sans plan d’avenir ou d’investissements à l’aveuglette. Je parle simplement de quelqu’un qui vit différemment de la norme, qui défend ses idées, ses rêves, ses valeurs et ses convictions et non ceux des autres.

Une personne qui refuse de se standardiser, pas par mauvaise volonté, mais uniquement par désir et besoin d’aspirer à un mode de vie qui se rapproche plus de sa personnalité. Pourquoi faudrait-il absolument se fondre dans un moule et ne pas dépasser les lignes du dessin dans le livre à colorier? Pour plaire et faire plaisir à qui? Qui a dit qu’on avait un seul et unique parcours dans sa vie? Pourquoi ce serait si socialement inacceptable de réécrire notre livre à l’âge de 30, 40, 50 ou même 60 ans? Et si on se lançait de la couleur en plein visage et qu’on dessinait notre propre version du bonheur?

Et si on arrêtait de se dire « c’est la vie! »? Il y a tellement de gens qui sont malheureux, mais qui font semblant d’être heureux,  parce que sortir du cadre, ça fait trop de dégâts et parce que de passer le balai ensuite, c’est une tâche beaucoup trop ardue. Surtout parce que ça l’implique peut-être de se blesser avec ces petits morceaux parfois coupants en chemin. Je ne sais pas pour toi, mais j’aime mieux avoir quelques coupures que de passer ma vie à suivre un mode d’emploi qui ne me convient pas. Je ne dis pas qu’il y a une façon de penser meilleure qu’une autre, mais, s’il te plaît, si ton quotidien ne te convient pas, cesse de dire « c’est la vie! » et assume ta réalité, apprends à l’accepter, à l’apprécier et à l’aimer parce que c’est celle que tu as choisie. Si tu n’es pas apte à faire ça, eh bien, transforme ton quotidien en quelque chose qui te convient!

Dans notre quête du bonheur, on trouvera ce que l’on cherche, ou peut-être pas. Peut-être qu’on trouvera quelque chose de beaucoup plus grand que cela, ou peut-être pas. Peut-être même qu’on l’a déjà trouvé. Mais on ne le saura jamais si on continue de dire « c’est la vie! », en haussant les épaules,  le visage en long et accoudé au comptoir à café chez Tim!

 

 

 

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Je souhaite grandir en même temps que mon projet. Un projet qui, vous verrez, prendra de l’expansion au fil du temps. C’est le début d’une grande aventure. Et j’ai envie que vous en fassiez partie.